Ad Talks #1 : Et si le consentement devenait un moteur de croissance ?

Publié le 18 mars 2026 | Catégorisé dans
adtalks ep1 cover consentement utilisateur

Le consentement utilisateur est devenu un enjeu stratégique pour les éditeurs comme pour les annonceurs. Baisse des taux d’opt-in, pression réglementaire, montée en puissance de la first-party data, impact de l’IA sur le trafic… le contexte évolue rapidement.

Dans ce premier épisode de Ad Talks, nous recevons Thomas Gicquel, CEO de Gimii, pour décrypter une approche innovante : transformer le consentement utilisateur en levier de performance… et d’impact solidaire.

Comment concilier optimisation des revenus publicitaires, conformité RGPD et engagement des utilisateurs ? Peut-on redonner du sens à un clic devenu machinal ?

  • Pour commencer, peux-tu te présenter et nous expliquer comment tu en es arrivé à fonder Gimii?

Je suis Thomas Gicquel, CEO et cofondateur de Gimii, que j’ai créé il y a environ deux ans avec mes associés Julien et Quentin.

J’ai passé plus de douze ans dans l’adtech. Gimii est né d’un constat simple : la baisse des taux de consentement utilisateur représente un vrai problème économique pour les sites, tandis que les utilisateurs sont de plus en plus méfiants vis-à-vis de l’utilisation de leurs données.

Nous avons donc développé ce que nous appelons les “cookies solidaires”, ou en anglais un “consent raiser”.

  • Concrètement, comment fonctionne Gimii?

Gimii ne remplace pas une CMP (Consent Management Platform), nous intervenons en complément.

Lorsqu’un utilisateur refuse les cookies via la pop-in classique, nous lui proposons une seconde interface. S’il change d’avis, 10 % des revenus publicitaires générés grâce à son consentement sont reversés à l’association de son choix.

La mécanique est simple :

  • L’utilisateur ne paie rien
  • Il choisit l’association
  • Le site récupère une partie de consentement utilisateur perdu
  • L’association reçoit un financement

C’est un modèle gagnant-gagnant.

  • Vous êtes les seuls à proposer cette approche ?

Oui, nous sommes les premiers à appliquer cette mécanique au consentement aux cookies. Notre marché principal est l’Europe, où le RGPD impose déjà ces dispositifs. Mais d’autres régions évoluent vers des réglementations similaires.

  • Quel est l’intérêt pour un éditeur ou un annonceur ?

Pour un média financé par la publicité, l’impact est direct : un utilisateur consentant génère en moyenne deux à trois fois plus de revenus qu’un utilisateur non consentant. Quand le taux de consentement utilisateur baisse, la valeur publicitaire chute mécaniquement.

Pour les annonceurs, le consentement utilisateur est clé pour le retargeting, la mesure des conversions, la personnalisation et l’attribution budgétaire. C’est un levier stratégique.

Il y a aussi une dimension image et RSE : intégrer une mécanique solidaire peut renforcer la relation avec l’audience.

  • L’utilisateur peut-il choisir l’association ?

Oui, et c’est essentiel. Ce n’est pas le site qui impose l’association. Une sélection est proposée et l’utilisateur choisit.

À chaque visite ultérieure, 10 % des revenus publicitaires générés grâce au consentement utilisateur sont reversés à l’association sélectionnée.

Nous sommes aujourd’hui intégrés sur des sites comme Leboncoin, TF1, M6 ou SeLoger. Les associations viennent désormais vers nous pour faire partie du catalogue.

  • Ajouter une seconde pop-in ne risque-t-il pas d’accentuer la “consent fatigue” ?

La fatigue vient souvent moins du nombre de pop-ins que de leur conception. Les CMP sont contraintes par des obligations juridiques lourdes, avec des textes peu lisibles.

Nous avons travaillé une UX plus claire et plus simple. Nous expliquons le principe en quelques lignes et apportons une valeur concrète : le don. Nous n’utilisons aucun dark pattern. Le bouton “Refuser” est visible. L’utilisateur reste libre.

Les résultats montrent que l’impact sur le taux de rebond est nul, et que la perception du site peut même être améliorée.

  • Le sujet est très encadré. Avez-vous échangé avec la CNIL ?

Oui. La CNIL ne certifie pas officiellement les solutions tech, mais nous leur avons présenté notre modèle et recueilli leurs recommandations.

Notre solution est paramétrable : format, délais, emplacement. Chaque site décide ensuite en fonction de ses contraintes juridiques. Nous ne nous substituons pas aux équipes conformité.

Nous sommes également en cours de certification Europrivacy pour renforcer notre conformité RGPD.

  • Comment s’intègre Gimii techniquement ?

Sur le web, c’est un script léger, asynchrone, intégrable via header ou Google Tag Manager. Sur mobile, c’est un SDK.

Nous nous connectons automatiquement à la CMP existante et aux principaux ad servers (Google Ad Manager, Equative, Microsoft…). Cela nous permet de récupérer les revenus publicitaires réels et de calculer précisément les montants reversés.

Nous ne traitons aucune donnée personnelle. Nous nous basons uniquement sur les rapports fournis par les ad servers.

  • Quels résultats observez-vous ?

En moyenne, nous constatons une augmentation de 30 à 50 % des taux de consentement utilisateur.

Pour un média, cela représente un volume d’inventaire récupéré. Pour un annonceur, davantage de données exploitables. Il y a aussi un bénéfice plus qualitatif : une meilleure perception de la marque.

  • L’IA générative impacte déjà le trafic des sites. Comment vois-tu cette évolution ?

Certains éditeurs observent déjà une baisse significative du trafic issu des moteurs de recherche. C’est un changement structurel. Mais je pense qu’un équilibre se trouvera. Les médias conservent un rôle clé comme sources fiables. Il y aura peut-être moins de volume, mais plus de qualité.

L’IA peut aussi simplifier l’achat programmatique et redonner de la valeur à l’open web, aujourd’hui largement dominé par les GAFAM.

Dans ce contexte, optimiser le consentement utilisateur devient encore plus stratégique : si le volume diminue, chaque inventaire restant doit être maximisé.

  • Quels sont vos prochains développements ?

Le consentement utilisateur est notre point de départ, mais notre ambition est plus large : devenir la tech solidaire numéro un au monde. Nous travaillons sur deux nouveaux produits :

  • Le premier vise les adblocks : proposer à l’utilisateur de le désactiver en échange d’un don plus important, puisque l’inventaire est sinon totalement bloqué.
  • Le second est un format vidéo inspiré des rewarded ads. L’utilisateur pourra, s’il le souhaite, regarder volontairement une vidéo pour générer un don supplémentaire pour son association. Un format non intrusif, à forte attention, qui associe performance publicitaire et impact solidaire.

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